Il y a des artistes qui vous bouleversent dès la première rencontre avec leurs œuvres. Pour ma part, en 2012, j’ai eu l’immense bonheur de découvrir en vrai le travail de Régis Perray à la Galerie Gourvennec Ogor à Marseille pour l’exposition Les bouts du Monde.

L’artiste aujourd’hui toujours en pleine création pour notre plus grand plaisir rencontre quelques problématiques de plagiat dont je vous laisserai découvrir sur le lien de son album Les balayeurs en soutien et sa page facebook les tenants et aboutissants.
Il me semble important de partager l’univers de cet artiste avec vous et pour ceux qui nous suivent depuis 10 ans vous en avez déjà entendu parler par les interviews ou articles que j’ai écrit sur le travail de Régis Perray.

Afin de vous re situer le contexte de son travail et en accord avec l’artiste Régis Perray voici le texte de l’exposition écrit par Julie Creen en 2012.

Régis Perray – Les Bouts du Monde

SOL. Mon corps vit sur le sol une gravité apaisante. Etre assis et contempler l’horizon. S’offrir du temps, le temps du repos. Oublier les sols négligés, oublier la terre qui recouvre les proches enterrés. Etre au sol, reposé. « Les Mots Propres » Petit dictionnaire autobiographique de Astiquer à Zen – RP – Edition augmentée 2010.
Marcher, observer, balayer, déblayer, passer, repasser, astiquer, témoigner, collectionner, telles sont les actions et inactions produites par Régis Perray (né en 1970, à Nantes) depuis le milieu des années 1990. La Galerie Gourvennec Ogor accueille sa première exposition personnelle de l’artiste, constituée de trois pièces fondatrices, accompagnées de photographies et d’installations plus récentes. De Nantes à Marseille, d’un port à l’autre, d’un bout du monde à un autre.
Régis Perray a les pieds sur terre. Sa pratique découle d’une association entre son attachement au monde du travail, plus particulièrement aux métiers en lien avec la modification des sols, et son approche sensible des chemins qu’il emprunte. En exote passionné et responsable, il traverse des lieux, où chaque fois le sol est mis en perspective avec son expérience d’un territoire délimité. Un sol pavé, bétonné, caillouteux, poussiéreux, carrelé ou recouvert de parquet. Chacun d’entre eux détermine l’empreinte du site qu’il va sonder. De la France à l’Egypte, en passant par la Pologne, la République Démocratique du Congo ou la Corée du Sud, il arpente les sols comme les témoins d’une culture et d’une histoire auxquelles il souhaite se frotter au sens propre comme au figuré. Pour cela il s’impose un processus, un rythme, qui va lui permettre d’être, le temps d’un séjour, en harmonie avec le lieu choisi. Grâce à une gestuelle simple, répétée, il alterne entre efforts et temps de repos, pour vivre l’espace avec lequel il dialogue discrètement.
L’exposition marseillaise présente, entre autres, trois œuvres produites à partir d’une archéologie personnelle des sols. Via la photographie, la vidéo et la sculpture, Régis Perray compile et classe ses collections d’images, de traces et de signes. Le Mur des Sols (1995-2012) est le fruit d’années de recherches iconographiques, durant lesquelles il a rassemblé des cartes postales, des images de presse et des cartes topographiques. Des documents en lien avec les sols du monde, classifiés en plusieurs groupes : engin, travail, guerre, sport, cimetières, sacrés etc. Mis bout-à-bout, les groupes constituent un ensemble qui mesure aujourd'hui plus de 40 mètres. À Marseille, sont présentés 14 mètres d’images, accrochés de manière à ce que chaque visiteur puisse embrasser tous les visuels. Une accessibilité qui permet une prise en compte individuelle de chaque document par tous. Le Mur des Sols est une cartographie évolutive, mentale et concrète qui synthétise les recherches de l’artiste. La mémoire des lieux est bien au cœur de son projet artistique.
À cette carte murale correspond une carte matérielle disposée sur le sol de la galerie. Les Bouts du Monde, œuvre qui donne son titre à l’exposition, est formée de déchets de bronze disposés sur le sol de la galerie. Lors d’une résidence en Franche-Comté, il a travaillé dans un atelier voisin d’une fonderie de bronze, qu’il a apprivoisé et côtoyé tous les jours. Lors des coulées, des jets de métal liquide formaient des déchets solides sur le sol. Alors, il débute une collecte des rebuts, puis fait couler le bronze liquide directement sur le sol pour obtenir des plaques plus grandes. Il conserve ainsi plus de trois cents morceaux de tailles différentes, articulés au lieu d’exposition et envisagé comme des îles supplémentaires, des bouts du monde, en plus. Des îles nées du hasard qui ont donné vie à une cartographie imaginaire et relationnelle.
Enfin, la vidéo Serial Floors (2006-2008) compile le résultat du visionnage journalier de 70 séries policières diffusées à la télévision, sur une durée de 24 mois. Deux années où sur son petit écran sont apparus 549 cadavres, allongés sur des sols, tous aussi différents les uns des autres. Des surfaces multiples faisant écho à un drame et à l’histoire de ces personnes fictivement assassinées. Une fois de plus, l’artiste s’est tenu à un processus précis et exigeant pour extraire de ces sols télévisuels comme un épisode de 52mn où mort, histoire, mémoire et zones matérielles s’entremêlent et produisent du sens.
C’est par le simple contact de notre corps avec le sol, que nous ressentons et découvrons l’espace que nous traversons. À partir d’une constatation évidente et essentielle, Régis Perray décortique et prolonge sa relation avec l’espace. Le temps d’une résidence, d’une exposition, d’un voyage, il enclenche un processus relevant de la chorégraphie et partage un moment de communion, intense et modeste, entre son propre corps et le lieu. Les sols sont les témoins éphémères d’un monde en chantier, entre construction, destruction et reconstruction. Ils sont la surface visible et concrète d’une histoire aux couches multiples, superposées, que l’artiste tente de décoder. Subtilement, il nous invite à prendre conscience de notre propre histoire.
Julie Crenn.
http://galeriego.com/fiche-exposition.php?id=10&type=arc&annee=2012

 

Le mot de Régis Perray !
Les balayeurs en soutien !
Aux ami.e.s, aux personnes qui accompagnent mon parcours et à toutes celles et ceux que je ne connais pas... qui soutiennent mon univers et à ceux, qui posent avec un balai, pour m'aider à faire un peu le ménage.
Etudiant à l'école des Beaux arts de Nantes entre 1992 et 1997, je commençais à recevoir quelques images de balayeurs... petit à petit au début de ma carrière c'est aussi des images de travailleurs, de parquets :-), de balais du monde entier photographiés lors de vacances, de bennes que j'ai reçues via courrier, mail et aujourd'hui surtout ici pour l’album les balayeurs en soutien. J'avais aussi quelques contributeurs réguliers comme Céline Duval, Ronan Le Régent ou Pierre Leguillon qui continuent toujours ces clins d'œil.
Je reçois aussi beaucoup d'engins de travaux et surtout de beaux rouleaux compresseurs qui font ma joie quand j'ouvre Facebook. Du coup je vous propose de voir de façon ludique et cohérente ce soutien en work in progress.
https://www.facebook.com/regis.perray/media_set?set=a.10210895283530211.1073741846.1596201954&type=3
Nous vous invitons à découvrir, suivre, participer à cette aventure des Balayeurs en soutien qui devient une œuvre à part entière du travail de Régis Perray.
http://www.regisperray.eu 

Bon mois de mai à vous !

L'EDITO DU MOIS 

edito Octobre 2019

 Les derniers mois de 2019 sont consacrés à la mise en œuvre de plusieurs projets et nouvelles rubriques. En effet dans un premier temps la refonte de notre portail d’informations tant sur le fond que sur la forme. Ensuite viendra le temps de l’écriture pour de nouvelles rubriques consacrées aux documentaires et longs métrages.

Puis le temps du livre. Chaque mois un auteur sera mis en lumière sur notre page d’accueil. Un livre, une lecture, une rencontre, un évènement sera annoncé en collaboration avec une librairie sur Paris. 

Nous vous en dirons plus très prochainement.

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alternatif-art est un portail d'informations pour les artistes. Fondé en 2007 par Julie Perin et Christophe Cochart.

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