Comme j’ai la nostalgie des mes emplois passés, brancardier, bouliste payé, agent hospitalier, jardinier, conducteur de bus, fleuriste, agent de sécurité, vérificateur de cuves de Chewing-gum, déménageur, apprenti charcutier, employé à la Fédération du Bâtiment, chauffeur pour dames, encore plus sympa celui là, etc. Le monde des arts plastiques est parfois nauséeux, du cinéma aussi, sourires devant et crasses derrières. Je sais que des artistes qui ont participé à Salo V disaient dans le même temps où ils exposaient les pires saloperies sur moi. Et impossible de savoir qui, la jeune artiste qui a été la confidente, notamment d’un artiste de Salo V, qui lui a également fait des propositions « dégueulasses », je la cite, ne veut pas me dévoiler son nom. Organiser Salo, c’est bien, mais ce n’est pas une sinécure, prendre la responsabilité d’un lieu, d’une centaine d’artistes, de 2500 visiteurs et tout le bordel qui va avec, sans équipe, mis à part les artistes eux-mêmes, mais qui prend le risque à Paris aujourd’hui ??? Combien d’expos indépendantes dans cette ville ? Et cela pour se faire insulter dans le dos, non mais des fois. Etre dans l’art, c’est prendre des risques, sinon faut mieux être, sais pas, marchand de journaux. C’est comme ces critiques d’art qui écrivent contre les expos dans des espaces associatifs. Des types qui n’ont jamais rien foutu, sont toujours restés le cul sur une chaise à dispenser des cours sans même jamais comprendre ce qu’ils disent, draguant des étudiantes, n’ont jamais fait une expo bénévolement, n’ont jamais pris le risque d’ouvrir un lieu pendant des années sans une thune, n’ont jamais pris aucun risque de leur putain de vie et ils viennent dire : ah mais ça ne colle pas au thème sur le papier là, puis ça serait mieux ailleurs, puis il n’y a pas de petits fours bio. Des critiques qui vont voir des expos comme ils achètent une bagnole, vérifiant bien si toutes les options indiquées dans la pub sont là, s’ils ne se font pas arnaquer en voyant le machin.

J’en arrive à ce côté délirant d’avoir fait le commissariat de plus de 200 expos en 20 ans et je serai au RSA en décembre, enfin si les allocs familiales me répondent et les artistes, certains artistes plutôt, dans leurs maisons cossues, leur appart, atelier ville de Paris ou banlieues accompagnés de maisons cossues, viennent me dire : commissaire d’exposition c’est vraiment arnaquer les artistes, c’est vraiment se faire des couilles en or, mais ça ne pas non la tête non ????

La plupart des commissaires que je connais, qui sont des cadors en la matière, ont écrit des bouquins et tout ça, sont au RSA, parfois sans logement. Je parle des vrais commissaires, ceux qui présentent, défendent des artistes, des projets qu’ils aiment, pas les commissaires qui se font acheter pour n’importe quel machin à la con, qui renient tout ce qu’ils ont écrit auparavant sur l’art, mais comme ils ont une famille, des enfants, des maitresses et qu’il faut bien nourrir tout ce beau monde, ils se vendent au plus offrant, faut bien vivre. Certains matins j’envie le marchand de journaux qui ouvre sa boutique peinard, boit son café, fait son travail tranquille, vend Libé, rentre diner, fait son tiercé, part en vacances aux Sables-d’Olonne. Enfin bref, on s’en fout, comme dit un des films que je présente dans Esthétique de la rage : nos vies n’intéressent que nous-mêmes.

Laurent Quenehen

LIVRES
VIDEOS

L'EDITO DU MOIS 

edito Octobre 2019

 Les derniers mois de 2019 sont consacrés à la mise en œuvre de plusieurs projets et nouvelles rubriques. En effet dans un premier temps la refonte de notre portail d’informations tant sur le fond que sur la forme. Ensuite viendra le temps de l’écriture pour de nouvelles rubriques consacrées aux documentaires et longs métrages.

Puis le temps du livre. Chaque mois un auteur sera mis en lumière sur notre page d’accueil. Un livre, une lecture, une rencontre, un évènement sera annoncé en collaboration avec une librairie sur Paris. 

Nous vous en dirons plus très prochainement.

Lire la suite...

alternatif-art est un portail d'informations pour les artistes. Fondé en 2007 par Julie Perin et Christophe Cochart.

AGENDA

14
Oct
Monaco-rue Princesse Caroline

14
Oct
la Théorie des Espaces Courbes
-
Voiron

15
Oct
Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA