Les icebergs sont encore libres d ouvrir les yeuxIls ont pris le même bateau. Difficile au Groenland de se déplacer autrement. La mer apporte presque tout. La glace est omniprésente. L'un photographie les icebergs cadrés par les fenêtres du bateau. L'autre est en fuite, mais sa motivation semble peu à peu perdre de son urgence. Ils engagent une conversation fragmentée, discontinue, sans la moindre assurance d'arriver à un point précis.

Le voyage devient un cheminement escarpé, continuellement changeant, qui refuse de s'enfermer dans une forme satisfaite d'elle-même. Des éléments déconnectés comme des blocs posés côte à côte, des sensations fugitives, des éclats d'intrigues s'unissent pourtant selon un fil ténu, souvent interrompu, mais sans cesse repris. Les icebergs apparaissent alors profondément mystérieux et redoutablement féconds. Chez eux, les deux qualificatifs se rapprochent et s'affrontent, les deux gagnent aussi en puissance du fait de leur mise en contact.

Pour les extraits, c'est ici : http://www.brunolasnier.net/#iceford/3

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