Découvert lors de l'exposition SOLIDAIRE aux Salaisons le travail de l'artiste porte renaud intrigue, surprend et interroge le statut social l'histoire et la matière.

 

porte renaud, porte le rose, le blanc, le noir, le mou, le dur, la trace, l'empreinte, le fossile comme il dit !

La brique, il l'a casse, le carton, il l'assemble, d'une pièce à l'autre, il investit des espaces, des territoires, se meut dans le champ du possible créatif, l'explore, l'expérimente, le modèle, se l'accapare pour mieux le partager.

 

 


Julie Perin : Renaud comment définirais tu ta démarche artistique en quelques mots ?
Porte Renaud : Sculpture, fragments, corps, mémoire, archéologie, identité, précarité de l'œuvre, relation et participation sont autant de termes par lesquels on peut décrire mon travail. Ma démarche est essentiellement sculpturale, tendant vers l'installation. L'accumulation, la répétition de gestes comme leur disparation sont autant de tentatives de faire contact, de faire œuvre.

 

 

J.P. : Tu joues parfois avec la mobilité et l'immobilité dans tes installations pourquoi ?
P.R. : Ma pratique évolue de lieux en lieux, de déménagements en déménagements. Mon travail est un territoire mobile, transportable qui se nourrit de mes déplacements et des nouvelles rencontres que je peux faire. Lorsque la mobilité est suggérée dans l'une de mes œuvres, elle ne l'est pas seulement pour son éventuelle charge poétique mais bien comme nécessité pratique inhérente à la stabilisation de mes compositions plastiques. Le chariot à roulettes par exemple qui est utilisé dans la première interprétation de Faune m'est nécessaire à la manipulation du volume, il fait partie intégrante de l'œuvre et du rapport que sa fabrication et monstration entretient avec mon corps. De plus, un certain nombre de mes œuvres sont soumises à des processus de transformation et de détérioration qui ont lieu durant l'exposition avec parfois la participation du visiteur. Différentes temporalités se succèdent et se croisent dans la vie des œuvres.

 

J.P. : Au vue de certaines de tes pièces, te sens-tu tel un chirurgien qui décortique le monde ?
P.R. : Si le chirurgien renvoie au faire de la main et de manière plus générale au geste et que le décorticage est un rappel de la chair, l'on pourrait en effet, utiliser cette image pour décrire mon faire artistique. Je pense que cette comparaison est peut-être liée aussi à une angoisse de réification du corps que laisse souvent transpirer mon travail. En tous les cas, réparer, panser, me correspond plus qu'une dissection du réel qui en oublierait l'intégrité des formes et des êtres.

 

 

J.P. : Le dessin aussi intervient dans ton travail quel rapport entretiens tu avec cette pratique ?
P.R. : Le dessin est resté jusque là en retrait par rapport à ma pratique sculpturale. Et bien qu'il fut souvent une activité plutôt personnelle, comme une sorte de réflexion en parallèle de la sculpture, il s'affirme davantage en tant que pratique autonome. La série de 26 dessins intitulée chairs inaugure une nouvelle diversité dans mon travail.

 

J.P. : La balance omniprésente a-t-elle une symbolique particulière pour toi ?
P.R. : Enfant, j'étais fasciné par l'égypte ancienne et son rituel de pesée du cœur : la psychostasie. Je n'ai pas encore réellement creusé la portée symbolique de la balance dans mon travail, jusque là c'est davantage sa fonction qui m'a intéressé en tant qu'un indice du poids des matériaux. La relation aux matériaux interroge toujours ma capacité physique à les déplacer, à les agencer et à les transformer.

 

J.P. : Il y a quelque temps tu m'as parlé d'un projet sur Berlin peux tu m'en dire un peu plus (sans tout dévoiler non plus) ?
P.R. : Une nouvelle destination pour de nouvelles perspectives, c'est en fait une nécessité pour moi de toujours tendre vers de nouveaux territoires. Je souhaite que Berlin puisse me permettre d'ouvrir des champs d'explorations dans mon travail et me permette de faire de nouvelles rencontres. J'aime l'énergie et la fluidité de cette ville. Je me représente cette nouvelle aventure comme une résidence d'artiste sauf que dans ce cas précis je suis mon propre organisateur.*

 

LIVRES
VIDEOS

AGENDA

24
Sep
Monaco-rue Princesse Caroline

24
Sep
Enseigne des Oudin – Fonds de dotation
-
75010 Paris

24
Sep
Irène Laub Gallery (Brussels)
-
Brussels

25
Sep
Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA