Exposition : Nord

Catégorie
Expositions
Date
vendredi 14 juin 2019 00:00
Lieu
Espace Art et Liberté - 3, place des Marseillais 94220 Charenton le Pont

Eugène Leroy, Marc Ronet, Raphaëlle Pia, Michel Trehet, Christoff Debusschere, Jean-Pierre Schneider, Jean-François Deroubaix, Manoël Pillard, Jean-Paul Probani, Marie-Jeanne Caprasse, Julie Dalmon, Chimène Denneulin, Jason Gardner, Agathe Herry, Brigitte Masquelier, Maël Nozahic, Muriel Patarroni, Assunta Genovesio, Marc Lathuilliere.

Avec un programme de films courts réalisés par les étudiants de l’école d’architecture de la Villette (ENSAPLV)
Un évènement organisé en collaboration avec Laurent Quénéhen, commissaire d’exposition.
L'école Flamande, Rembrandt, Corot, Van Gogh ou plus récemment Nicolas de Staël ont imprimé notre rétine de cette lumière si particulière. Comment peut-on rendre visuellement un territoire dans ses spécificités géographiques et culturelles ? Le Nord c'est aussi un esprit, un concept incertain et mouvant. Voyage dans l'imaginaire d'artistes contemporains inspirés par le Nord. Peintures, dessins, photographies, vidéos et courts-métrages sont au programme de cette exposition.

Il vient à la mémoire un ciel gris et tourmenté, des femmes de Vermeer, les nuits longues de Rembrandt. La vérité crue de Vincent et ses mangeurs de pommes de terre comme un écho humain et puissant aux virils marins de Permeke. Un tableau de Spilliaert, une femme seule au loin qui s’en va, cheveux au vent sur l’interminable digue d’Ostende. Des visages et des masques de carnaval, des expressions « naïves et sincères » se dessinant sous le trait nerveux et furieusement authentique d’Ensor. La poésie de Delvaux qui peint un quai de gare à l’ambiance irréelle, une maison de Magritte qui garde à jamais tous ses mystères.
Les Epoux Arnolfini de Van Eyck, le P’tit Quinquin de Bruno Dumont, les Belgitudes de Jan Fabre, qui y a- t- il de commun à tout cela ? Une idée du Nord peut-être, d’un territoire difficile à définir dans ses limites spatiales, linguistiques et culturelles. Une idée qui plane au-delà de la mélancolie, de l’odeur de friture et des monotones rangées de corons. Quelque chose d’insaisissable, comme l’atmosphère vaporeuse de Turner. Un voile qui habille de sa froideur les beffrois dressés fièrement sur le pays plat. Quelque chose qui est là, dont on ne se sépare pas. Un peintre, un photographe en quête du monde, de ses joyaux qui pourtant revient inlassablement, inévitablement à ses premières sensations, à son regard d’enfant. Des souvenirs de joues rougies et brulantes par le souffle du vent, des après-midi à Quen-Fort-Mahon face à la mer et ses effets gris-verts.
Eugène Leroy figure emblématique qui prétendait « aller au paysage » pour mieux saisir sa terre de façon charnelle. Du chaos, de la masse sombre et épaisse surgit soudain la forme et sa subtile lumière. Pour ceux qui savent attendre, une chose incomparable qui définit sans doute un peu l’esprit du Nord.
Frédéric Mette

Le Nord, c’est des avenues glaciales en hiver, le vent qui balaie la jetée, les volets qui claquent comme des coups de fusils. Les immeubles en briques rouges maussades, le gris des murs des usines désertées, la végétation rare, tout y est rude et froid. Ce sont des espaces où l’on est seul au monde, abandonné. Alors on rentre dans un estaminet, ce n’est pas la chaleur, mais ça réchauffe. Si l’on reste, quelques mots s’échangent, c’est comme des tapes dans le dos, ça ranime. Dans le Nord, comme on parle peu, on sent les gens comme les animaux, on les sent de loin, on les voit venir avec leurs airs, faut pas qu’ils en aient trop. Le trop, c’est réservé pour quelques semaines, lors des Carnavals, lorsque les valeurs s’inversent, tout ce qui était en dedans se retrouve en dehors. Les pauvres deviennent des rois, les hommes des femmes, les policiers des bandits. C’est là qu’on voit l’âme en fusion des gens du Nord, c’est de la braise à l’intérieur. Puis ça retombe, par pudeur, par respect ou par timidité, les éruptions ce n’est pas n’importe quand, ni avec n’importe qui. Cette exposition est un peu le reflet de ces variations, entre immensités austères et humanités en fusion.
Laurent Quénéhen

 
 

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  • Du jeudi 23 mai 2019 00:00 au samedi 29 juin 2019 00:00
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