Exposition : Odonchimeg Davaadorj, Paris

Catégorie
Expositions
Date
mardi 12 février 2019 00:00
Lieu
BACKSLASH - 29 rue Notre-Dame de Nazareth, Paris

D'origine mongole, Odonchimeg Davaadorj s'est confrontée à une nouvelle culture occidentale en partant à l'âge de 17 ans pour la République Tchèque puis la France. C'est certainement cette identité multiple qui lui permet d'exprimer sa perception du monde à travers différents médiums. Elle pratique le dessin, la peinture et la sculpture mais également la vidéo, la performance, la danse, la poésie et plus étonnamment le travail sur le vêtement . Elle explique : « Je pense qu'au bout d'un moment, on sent qu'une œuvre doit sortir. Si c'est un poème, il faut que je l'écrive. Si je n'arrive pas à écrire, il faut que je bouge, que je danse ou que je dessine. »

Jusqu'à son départ pour l'Europe, Davaadorj a construit une proximité rare avec la nature, de part un mode de vie proche de l'autosuffisance au sein d'un village isolé. Les œuvres qu'elle développe depuis ses études se trouvent inéluctablement incarnées par cet attachement au champ des espèces animales et végétales. Une nostalgie certaine se dégage de ces petits mondes que l'artiste déploie sur toutes sortes de supports, et aussi une grande poésie. Chaque élément (personnage, animal, maison, etc.) se revendique du souvenir mélancolique de son enfance. Ils sont souvent liés par un fil rouge dont la nature intrigante conforte l'aspect onirique de son travail. Cette couleur relative au sang, à la vie, est enrichie par la fragilité du fil de couture, sorte d'artère primordiale à son dessin. Sa palette, mais également son goût pour le tissu et la sculpture sont autant de témoignages de l'admiration de Davaadorj pour le travail de Louise Bourgeois, excessivement féminin, intense et charnel à la fois.

L'ensemble de l'exposition se détaille comme un zoom sur de petits univers qui, réunis tous ensemble, dévoilent l'inconscient de l'artiste. Très attirée par la poésie et l'étrangeté, elle éprouve profondément le besoin de reproduire les idées qui affluent dans son esprit. Au départ, il y a une intuition mais l'intention rattrape rapidement le processus créatif et des mondes fantasmagoriques apparaissent. Malgré ces divergences, l'artiste souhaite que ses œuvres soient immédiatement compréhensibles, sans besoin d'aucune référence artistique, en confrontation directe avec le spectateur.

La palette de l'artiste est volontairement restreinte (rouge, bleu, noir) car elle souhaite se concentrer sur le trait. La nudité des corps canalise le regard sur la vérité. De l'essence même de l'être vivant, rien n'est dissimulé. Le trait peut se focaliser sur la représentation des thèmes universels existentiels, l'essence des choses, que chacun partage avec l'autre tout en le vivant à travers ses singularités.

Ce sont des êtres sans tête qui posent une question récurrente : « Est-ce que dans la société tous les gens ont leur tête ? Je pense qu'il y a beaucoup de gens sans tête, qui suivent les mouvements et qui sont juste des corps » se dit-elle.

Née en 1990, Odonchimeg Davaadorj est diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure de Paris-Cergy. Son travail a été montré à la Galerie Premier Regard et au Salon de Montrouge en 2018, aux différentes éditons de Salo, au 6b et à la Gallery 976 d'Oulan-Bator.
En 2013, elle a réalisé une performance au Palais de Tokyo. Elle est lauréate de plusieurs prix, dont celui de l'ADAGP du Salon de Montrouge et sélectionnée pour le prix Artagon II.

 
 

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  • Du vendredi 25 janvier 2019 00:00 au samedi 23 février 2019 00:00
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