Exposition : La pléiade urbaine

Catégorie
Expositions
Date
mardi 12 février 2019 00:00
Lieu
Espace d’art Chaillioux - 7 rue Louise Bourgeois – 94260 FRESNES

La pléiade urbaine
• Vincent Bargis M7
• french
• Steve Pitocco
• SteW

Pour sa quatrième exposition, la première de sa programmation 2019, l’Espace d’art Chaillioux Fresnes 94 sort de ses murs et se répand dans la ville, tandis que la ville s’invite dans ses murs. Quatre artistes plasticiens, travaillant dans le Val-de-Marne, investissent les cimaises et l’espace du centre d’art. Ils nous proposent des œuvres individuelles, mais aussi des créations collectives réalisées spécialement pour cette manifestation.

Les pratiques des quatre exposants sont très différentes et offrent un panorama de l’art urbain de notre temps : entrelacs géométriques de Vincent Bargis M7, imbrications de formes chez french, graffitis complexes chez Steve Pitocco, esprit japonisant chez SteW... L’exposition est complétée par des interventions des quatre artistes in situ sur des murs de la ville de Fresnes et par des performances d’art de la rue : hip hop, battles...

Qu’est-ce qui différencie, aujourd’hui, l’art urbain – le street art – de l’art plus officiel et longtemps réputé plus noble ? Ce ne sont pas les techniques ni les sujets abordés. Les quatre artistes exposés nous en apportent un démenti patent, dans la mesure où, pour au moins deux d’entre eux, l’inscription dans la descendance d’un mouvement historique est évidente. Les techniques autrefois propres aux graffeurs et aux street-artists sont désormais couramment utilisées par des peintres et sculpteurs présentés dans les galeries et les musées... Ce n’est pas non plus la reconnaissance par le marché de l’art qui les distingue, puisque les œuvres de JonOne ou de Banksy, pour ne citer que deux des plus célèbres street-artists, sont l’objet d’enchères qui n’ont rien à envier à celles de plasticiens plus classiques... Les premières œuvres d’art urbain étaient sauvages ou vandales, apposées sur des surfaces sans l’accord de leur propriétaire mais beaucoup de celles qui fleurissent aujourd’hui résultent de commandes explicites ou implicites, comme le faisaient autrefois des mécènes auprès des artistes pour embellir leurs murs. Ce n’est donc pas son caractère clandestin qui caractérise l’art urbain en 2019.

Il faut donc chercher la différence ailleurs. Elle réside essentiellement dans l’acte d’appropriation du support – du subjectile – de l’œuvre par le plasticien. Dans les pratiques conventionnelles, le support est choisi par le créateur qui en est (ou devient) le propriétaire et peut le céder à une galerie, un musée ou un collectionneur. Dans l’art urbain, les subjectiles appartiennent à l’espace public et le restent après l’intervention de l’artiste. Les œuvres résultantes sont incessibles, même si des personnes, en toute illégalité, les détachent de leur substrat pour les mettre sur le marché. Les œuvres d’art urbain s’imposent au regard du passant, alors que, pour les premières, il faut une action volontaire du regardeur – pousser la porte d’une galerie, d’un atelier, d’un musée... – pour qu’il les découvre. De ce point de vue, l’art urbain se rapproche de l’architecture, en ce qu’il impose sa présence et ne demande pas le consentement ou une démarche volontaire préalable du public. Il est intrusif et ne cherche en rien à être consensuel.

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Les travaux de Vincent Bargis M7 s’inscrivent dans la lignée de l’art optique et cinétique à qui il donne une nouvelle dimension monumentale. Il vise à déconcerter le spectateur et le faisant entrer dans une forme de vertige dans lequel il perd la notion de l’espace et de ses dimensions. Vincent Bargis M7 est aussi très engagé dans le respect de l’environnement et utilise des matériaux de récupération pour la création de ses œuvres. Dans ce processus d’upcycling, les objets recyclés, au-delà de leur rôle purement plastique, sont porteurs d’un vécu, d’un passé, qui pousse l’observateur à se pencher sur des histoires humaines, voire sur la sienne propre. Tel est le cas, par exemple, de ses vastes compositions réalisées par assemblage de tickets usagés du métro parisien.

Joffrey Roussel, alias french, dessine dès son plus jeune âge, entouré de parents créatifs. Avec la découverte de la culture hip hop à l’adolescence, il se tourne alors vers le graffiti vandale, qu’il pratique depuis près de 10 ans, à Marseille, dans un premier temps, puis en région parisienne. Il poursuit son parcours scolaire avec des études de graphisme et d’imprimerie. 2012 marque son passage de la rue à l’atelier. Sans délaisser pour autant sa pratique urbaine, cette nouvelle approche lui permet de développer sa technique picturale et de s’essayer à un autre support : la toile. À ses œuvres sur toile s’ajoute le design de meubles et d’objets qu’il détourne et customise. Son travail se caractérise par une accumulation graphique d’éléments répétés, notamment des mains. Il propose ainsi une réflexion sur le passé que l’on traîne et sur les mains tendues vers soi au cours de notre vie, tant pour nous hisser vers le haut que pour nous pousser vers le bas.

Steve Pitocco découvre le graffiti à l’âge de 15 ans, et rejoint les membres du JCT, qui marquent la deuxième vague du mouvement hip hop en France. Il s’imprègne de cette culture urbaine et trouve son style, devient Exit et donne naissance au Koeurélé, icône qu’il appose avec poésie et douceur dans les univers urbains les plus sombres. Steve Pitocco le graffeur décide alors d’élargir son champ créatif et intègre l’École de design Strate, dont il ressort diplômé d’un master en design industriel en 2001. S’en suivront alors des collaborations avec des marques prestigieuses, comme Alfred Dunhill, Reebok, Casio ou New Era. Directeur artistique associant avec brio ses influences urbaines aux enjeux marketing des grands groupes, il est convaincu que son travail d’artiste doit s’exprimer dans un terrain libre et sans contrainte, et que son indépendance est le fer de lance de sa créativité. Pour lui, l’art n’est pas ornement, il raconte et parle de son temps.

Les productions de SteW sont marquées par la culture et la peinture japonaises : masques de kabuki, guerriers en armure, dragons, samouraïs... Un de ses personnages récurrent est Jizo, petit bodhisattva, divinité des croisements et patronne de l’enfance. Ayant grandi dans la banlieue ouest parisienne, la rue est devenue très tôt un terrain de jeu pour SteW, au début en roller ou en skate et puis, à force de prendre le train il a découvert tout un univers, celui du graffiti qui ne l’a pas lâché depuis. Il se définit comme infograffeur car l’ordinateur est un passage obligatoire dans son processus de création, mais il pratique aussi d’autres techniques comme la sérigraphie, le collage, le pochoir... Il déclare : « J’aime la nature, je m’en inspire beaucoup pour les couleurs et puis ce qui m’inspire le plus c’est le fait de voyager, même si ce n’est que dans ta tête ! »

 
 

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  • Du samedi 26 janvier 2019 00:00 au samedi 9 mars 2019 00:00
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