Abdelaziz Zerrou, lauréat du Prix HYam de la jeune scène artistique méditerranéenne

Catégorie
Expositions
Dates
lundi 23 juillet 2018 00:00 - samedi 1 septembre 2018 00:00
Lieu
Hydra - Hydra
Pièce-jointe

Sept artistes marocains émergents étaient finalistes de la 2e édition du Prix HYam de la jeune scène artistique méditerranéenne : Zainab Andalibe, Salim Bayri, Soukaina Joual, Mehdi-Georges Lahlou, Lina Laraki, Nissrine Seffar et Abdelaziz Zerrou (le 8e finaliste, Abdessamad El Montassir ayant dû se retirer peu avant le vote pour cause d’indisponibilité). Chacun avait soumis au jury un projet d’œuvre destinée à être exposée dans l’espace public d’Hydra et un sujet de réflexion qu’ils souhaitaient développer durant leur résidence.

Le jury, qui s’est réuni il y a peu, a choisi Abdelaziz Zerrou comme lauréat du Prix HYam. Né en 1982 à Casablanca, travaillant entre le Maroc et la Suisse, il aura donc la chance, grâce à la dotation de 10 000 euros remise par HYam, de créer et exposer pendant tout l’été 2018 son œuvre intitulée Atlasouna (notre Atlas), sur la place Makariou située au cœur du village d’Hydra.


Sculpture représentant la montagne de Toubkal, le point culminant du Haut Atlas - et du Maroc et de l’Afrique du Nord - avec 4 167 mètres, Atlasouna sera réalisée sur place à Hydra avec des matériaux locaux, tandis que dans le même temps, au Maroc, l’artiste escaladera la montagne à pied et à dos de mule (comme à Hydra), enregistrant les bruits et sons de la nature (vent, animaux, arbres, plantes, rivières, etc). Le document sonore ainsi créé accompagnera la pièce centrale de l’œuvre et pourra être écouté par les visiteurs, portant un récit méditerranéen commun entre la Grèce et le Maroc.

Abdelaziz Zerrou sera ensuite accueilli en résidence à Hydra, dans un atelier mis à sa disposition par HYam pendant le mois de septembre, afin d’approfondir ses recherches en résonance avec le caractère spécifique de l’île, puis présentera ses travaux à l’automne à Paris chez Artcurial, partenaire du projet, lors d’une table ronde consacrée à la scène artistique marocaine.

 
L’exposition de l’œuvre d’Abdelaziz Zerrou fait partie de la programmation artistique riche à Hydra pendant la saison estivale. Délibérément cosmopolite, Hydra est en effet un lieu de référence pour l’art contemporain international, accueillant chaque été des expositions de haut niveau dans des lieux singuliers. Dans le vieil abattoir repris en 2009 par le collectionneur grec Dakis Ioannou, la Deste foundation donne carte blanche à David Shrigley pour investir la Project Space Slaughterhouse (après Urs Fischer, Pawel Althamer, Paul Chang et Roberto Cuoghi) tandis que dans l’ancien lycée du village, Dionisis Antonitsis, soutenu par Dimitri Daskalopoulos (NEON foundation), organise comme chaque été, une exposition de groupe dédiée à la jeune scène internationale.

Cette année, la mairie d’Hydra, partenaire du projet HYam, rend un hommage particulier à la culture française en organisant une semaine de festivités en août : concert, cinéma, poésie, gastronomie en compagnie du chef de l’ambassade de France en Grèce, Jean-Marie Hoffmann... Autant de rendez- vous qui viendront rythmer les deux expositions présentées au musée historique : “Cinquante nuances de grecs“ du dessinateur Jul et “Quatre décennies parisiennes“ du peintre Fassianos.

ATLASOUNA
En arabe Atlasouna, titre de l’œuvre d’Abdelaziz Zerrou, signifie “notre Atlas”. Grand Titan de la mythologie grecque condamné par Zeus à porter une voûte céleste dont les colonnes qui la supportent seraient situées dans le détroit de Gibraltar, Atlas a aussi marqué la géographie et l’histoire du Maghreb. La légende dit, qu’en mourant, Atlas aurait donné son nom à une montagne cosmique, qui s’étend d’Agadir à Tunis.

La Grèce et le Maroc sont liées par de nombreuses similitudes, passées, présentes et à venir. Berceaux de grandes civilisations aux géographies voisines, ces deux pays qui eurent à gagner leur indépendance semblent poursuivre des destinées juxtaposées. Ne sont-ils pas aujourd’hui confrontés aussi à la constante problématique des frontières et de l’immigration ? Quand Albert Camus évoquait la Méditerrannée et ce “nationalisme du soleil“ qui brouille les bornes et les limites de tout ordre n’imaginait-il pas une troisième piste où circuler plus paisiblement ? C’est à partir de cette réflexion camusienne qu’ Abdelaziz ZERROU met en lumière une “sortie de rang“. Sa sculpture/installation qui représente la montagne de Toubkal, point culminant du Haut Atlas, d’habitude si lointaine devient un élément familier à la fois visuel et sonore. Téléportée de manière réaliste sur la place publique, lieu qui est à tout le monde mais qui n’appartient à personne, Atlasouna est une réponse esthétique qui révèle une toute nouvelle proximité et ouvre un chemin de traverse. Comme si, sous le soleil de la Méditerranée, les terres corsetées par l’histoire et les politiques officielles n’avaient plus de lignes de démarcation.
 

Photo : Mise en situation d'Atlasouna, le projet d’Abdelaziz Zerrou, lauréat du prix HYam 2018 © DR Courtesy l'artiste

 
 

Toutes les Dates

  • Du lundi 23 juillet 2018 00:00 au samedi 1 septembre 2018 00:00