Regarding the continuity of disrupted images

Catégorie
Expositions
Date
mercredi 29 mars 2017 18:00 - 18:30
Lieu
Irène Laub Gallery, Rue de L'Abbaye 8B 1050 Ixelles - Rue de l'Abbaye 8B
Téléphone
+32 (0)2 647 55 16
Email
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Comment faire part de ce qui est vu et le transmettre dans la réalisation-même de l’image ? C’est dans la capacité à solliciter des microévénements en marge de l’écriture dominante, afin d’en proposer une lecture subjective, que le travail d’Eirene Efstathiou et celui d’Eduardo Matos se rencontrent.

Ralentir et prendre le temps d’observer autour de soi ce qui se passe. L’installation « Lamp’s Explanation » d’Eduardo Matos incite à cette introspection. Cette recherche a germé dans la solitude de son appartement bruxellois et dans une volonté de résistance vis-à-vis du monde extérieur. Ce à quoi il tente d’échapper s’infiltre pourtant dans son quotidien. Les jeux de lumière de la ville se dessinent sur les murs blancs de son atelier. Eduardo Matos dessine comme il peint. Il recouvre les papiers par une superposition de fines couches de couleurs à l’instar des glacis présents chez les maîtres du XVe siècle. C’est la température et l’éclat de ces lumières, le plus souvent artificielles, qu’il tente de saisir dans ces deux nouvelles séries de dessins. Parfois, des détails de son appartement sont inclus dans ces tentatives qui relient intérieur et extérieur. Eirene Efstathiou s’intéresse pour sa part aux protestations de juillet 1965, qui ont eu lieu en amont du coup d’État grec, dans la série de dessin « No. 3 Map trace » (2016). Sur les pages d’un ancien atlas pédagogique colorié par des enfants, l’artiste juxtapose photographies d’archives et annotations statistiques d’après-guerre qui décrivent les pertes matérielles sous l’Occupation. Ce procédé, qui fait s’entrecroiser des valeurs documentaires avec leurs interprétations subjectives, attire l’attention sur le fait que les événements historiques et les données sont manipulés et dénaturés par les médias pour servir un récit politique contemporain. Un dispositif similaire est sollicité dans ses peintures. En juxtaposant l’Histoire grecque et les images de médias de décembre 1944 et de décembre 2008, Eirene Efstathiou réfléchit aux événements politiquement chargés de ces deux périodes. Il en résulte un flou sémantique dû à la perte de contexte qui permettrait d’interpréter les faits. Ces représentations laissent place à des visions de ruines et d’absence. Parallèlement à ses dessins, Eduardo Matos présente une vidéo qui rejoue, elle aussi, un processus conçu dans le cadre de « Lamp Explanation ». Une boucle montre l’espace vide de son appartement où s’orchestre une chorégraphie d’objets anonymes. Ils apparaissent et disparaissent au gré du mouvement cyclique de la caméra. L’absence est une notion clé dans les observations intimes que propose l’artiste. Elle interroge ce qui est vu, ce que l’on devrait voir, la manière dont nous appréhendons ces images et le monde qui nous entoure.

«Regarding the continuity of disrupted images » questionne la manière dont circulent les images, le manque de références à leur sujet, mais aussi la perception que nous en avons. Face à l’incertitude que produit la surabondance d’informations, ne devrions-nous pas ralentir et prendre le temps de remettre en question ces visions unanimes? Le regard d’Eirene Efstathiou, toujours porté en périphérie du discours dominant, affronte l’impossibilité d’une représentation de la violence et du chaos. Alors qu’Eduardo Matos dans un processus introspectif résiste aux dérives de la société. Que ce soit par le biais d’une problématique singulière ou par les témoignages tronqués de manifestations publiques, les questions qu’abordent les œuvres d’Eirene Efstathiou et d’Eduardo Matos transcendent l’anecdote et traitent d’une histoire commune.

 
 

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  • Du jeudi 9 mars 2017 18:00 au vendredi 14 avril 2017 18:30
    mercredi